vendredi 5 janvier 2007
la politique de réconciliation
A) Un début de reconnaissance
Le Commonwealth est né en Australie le 1er janvier 1901, la fédération des colonies est alors achevée. Après 10 ans d’évolution le Commonwealth de l’Australie naît sous forme de dominion britannique: (Relation privilégiée avec la couronne britannique puisque l’Australie restait liée à l’Angleterre, en prêtant allégeance au monarque britannique).
Bien que l’Australie ait obtenu son indépendance au début du XX ème siècle, le gouvernement britannique a gardé certains pouvoirs sur le dominion jusqu’au statut de Westminster en 1931. Traité qui reconnu officiellement l’indépendance de tout les dominions faisant partie de l’empire britannique. Il a été ratifié par le parlement australiens en 1942. Celui ci avait gardé une certaine autorité sur ce dominion jusqu’en 1967, date à laquelle la constitution s’est vue modifiée, lors d’un referendum organisé par l’état, Plus de 90% des électeurs se sont prononcés en faveur d’une plus grande indépendance.
L’Australie étant divisée en 6 états fédéraux, chaque état possède son propre gouvernement. Des directives plus souple au niveau régionale on permis a chacun de ces état de restreindre, voir de supprimer les libertés et les droits que la nouvelle constitution avait accordé aux aborigènes, ainsi certains états se permettent de ne pas les comptabiliser.
Cette nouvelle constitution a permis au gouvernent fédéral, de voter des lois, pour protéger les aborigènes, en les recensant pour la première fois. Une des lois «Aboriginal and Torres Island Act » a permis aux différents états d’adopter la politique qu’ils souhaitaient pour développer des mesures de discrimination à leur encontre.
A partir de 1973, le gouvernement de l’époque a mis en place une politique plus humaine d’auto- détermination, supprimant les libertés que les états pouvaient se permettre sur le sort des aborigènes.
La loi «original land act» parut en 1976 a permit aux aborigènes de réclamer, en justice, des terres ancestrales, afin d’obtenir des titres de propriété libre et perpétuelle appelés «freeholdtitle ». Cet acte de droit a la terre, reconnaît les droits fonciers, des aborigènes des territoires du nord ainsi, la négociation de leurs terres est devenue possible.
Celle-ci s’est effectuée principalement, avec les compagnies minières, qui durent en 1978, selon « l’ordonnance des droits des sites sacrés » des territoires du nord, payer un droit d’exploitation des sous sols sacrés. Les aborigènes perçurent donc des «royalties».
Actuellement, les bénéfices que les aborigènes reçoivent de l’exploitation de ces terres, représentent l’une des principales ressources financières des aborigènes du nord.
Le mot « réconciliation » est apparu pour la première fois en 1988, dans une déclaration commune des églises chrétiennes australiennes intitulée « vers la réconciliation dans la société australienne »
Ce mot « réconciliation » est apparu alors qu’on célébrait le bicentenaire de la découverte de l’Australie.
De violentes manifestations rassemblèrent plus de 300 000 aborigènes, dans les rues de Sydney pour rappeler que cet anniversaire représentait pour eux des années de larmes et de sang.
Le 2 septembre 1991, le parlement d’Australie a secondé la création d’un «conseil pour la réconciliation aborigène» crée pour une durée de 10 ans
Ce conseil s’occupait de centraliser l’avancée de la réconciliation dans différents domaines, tels que: l’éducation, la santé, les affaires…
Il était composé de 25 membres: 12 Aborigènes, 2 insulaire du détroit de Torres et de 11 non indigènes
Il avait aussi pour but de rédiger un rapport sur les mérites et le contenu potentiel d’un document ou de plusieurs documents sur la réconciliation.
Le document qui devait être rédigé avait pour objectif de montrer la responsabilité et l’engagement des non aborigènes dans l’avancement de la réconciliation avec les aborigènes.
Les valeurs de ce conseil étaient les suivantes:
«Une Australie unie qui respecte cette terre qui est la nôtre;
qui apprécie à sa juste valeur, le patrimoine des Aborigènes
et Insulaires du détroit de Torres et qui procure justice et
égalité pour tous»
A partir du 1er Janvier 2001 arrivé à échéance, le conseil a été dissous car Un autre mouvement la remplacé : « Le mouvement Réconciliation Australia ».Celui-ci poursuit encore actuellement le long travail que le conseil avait entrepris auparavant et a repris les mêmes valeurs que celui-ci.
Cette réconciliation doit maintenant se poursuivre seule, néanmoins le gouvernement australien a réaffirmé son engagement proclamé par l’ex 1er ministre travailliste (1991-1996): Paul Keating qui fut le premier et le seul a exprimer la responsabilité de l’Australie blanche envers les aborigènes
« Le point de départ pourrait être de reconnaître que le problème vient de nous, les australiens non aborigènes.
Ça commence je pense par une reconnaissance […] nous pourrions, nous, les australiens non aborigènes, nous imaginer dépossédés de la terre sur laquelle
nous avons vécu pendant 500 000 ans et imaginer qu’on nous dise
qu’elle n’a jamais été la nôtre […] imaginer que nous ayons été
Victimes d’injustices et de reproches et qu’on nous le reproche.
Il me semble que si nous pouvons imaginer les injustices nous pouvons
imaginer le contraire. »
Même s’il reste encore beaucoup à faire, pour que ceux-ci soient tout a fait réhabilités, ces quarante dernières années ont marque un tournant dans l’histoire de leur assimilation car elles ont été marquées d’un plus grand nombre de victoires qu’en deux siècles passés.
B ) Les mouvements de réconcilliation
En 1973, Gough Whiltam le premier ministre de l’époque a crée un ministère des affaires aborigènes. Il avait pour objectif d’administrer l’argent que les aborigènes percevaient de la location de leur terre, notamment à des compagnies minières.
Une organisation s’est crée en parallèle, qui a permit aux aborigènes d’élire des représentants de leur peuple dans 41 régions.
L’Etat australien a édifié de nombreuses institutions autochtones, pour pouvoir s’entretenir avec un seul interlocuteur plutôt qu’un grand nombre d’indigènes :
ASTIC (Aboriginal and Torres Srait Islander commission) crée en Mars 1990 gère un grand nombre de programmes de politique et de services.
L’ASTIC avait été créé pour que les deux peuples autochtones australiens :les aborigènes résidant sur le continent australien et les insulaires de Torres Strait vivant dans les îles au nord du Queensland puissent se joindrent aux politiques qui les concernaient, en accord avec la politique gouvernementale d’autodétermination.
Pour parfaire ce processus de réconciliation, des mouvements ont été créés, tels que le Sorry Day ou jour de réconciliation. Il est né de l’inspiration de John Bond, un australien, alerté par un rapport, que la couronne d’Angleterre avait ordonné en 1997 et qui a été pour lui une révélation importante lui permettant de prendre conscience de l’ampleur du problème aborigènes.
En créant en 2000 le Sorry Day John Bond a crée un jour anniversaire pour rappeler aux australiens l’histoire de cette génération volée.
Il a tout d’abord commencé dans sa ville, de Canberra. D’année en année, le Sorry Day a pris de l’ampleur, relayé par les médias.
En Mai 2000, un million d’habitants s’est rassemblé pour une «journée du pardon» soit 5%du pays, dans le but de rencontrer, découvrir et partager avec les aborigènes ce désir de pardon, premier pas vers une réconciliation, et une reconnaissance de cette minorité.
Actuellement un véritable réseau s’est mis en place :( comités régionaux, actions annuelles, travaux d’experts auprès des médias et des politiques.) Cependant, beaucoup d’australiens continuent à nier le problème. Ainsi, l’association du Sorry Day a lancé un autre programme nommé:
«Healing Day», Le but de ce nouveau programme est de réveiller la conscience de chaque australien.
Les organisations de réconciliation sont donc variées, sur le plan de la santé, des droits territoriaux, de l’éducation.
La réconciliation est un processus à long terme qui doit permettre d’améliorer les
relations entre les aborigènes et les australiens.