samedi 6 janvier 2007

Contesté



La mise en place de la politique d'assimiliation ces 30 dernières années est largement contesté, en effet les aborigènes n'ont pas pu réellement prendre part à cette politique de plus certains d'entre eux accusent cette politique (être un moyen de détourner l'attention des revendications politiques aborigènes mais aussi "d'afficher" une meilleure image de l'Australie sur le plan international.

A) le scepticisme aborigène

Cette politique est contestable car comme l’explique Vanessa Castejon dans Les aborigènes et l’Apartheid politique australien cette politique aurait pour but d’exposer une meilleure image de l’Australie sur le plan international (l'image de l'Australie est importante aux yeux du gouvernement car elle influence l'electorat et l'opinion internationale). Le traitement réservé aux aborigènes participe à l'image du pays puisqu'il participe à son identité.

Mais le problème majeur vient du fait que l'unique rapport entre les aborigènes et les australiens est l'image que véhicule les médias de ceux ci. En effet, d'après Martin Flanagan (un des parrains du Sorry Day) "L'australien moyen vit en banlieue des grandes villes et ne tire ses connaissances de l'Australie aborigène que de l'image qu'en donnent les médias.



L’exemple le plus concret est le tapage médiatique effectué à propos des aborigènes lors des jeux olympiques de 2000.En effet lors la cérémonie d’ouverture des J.O un enfant aborigène en tenue traditionnelle et un enfant non aborigène on été les acteurs principaux mais il n'y a eu aucune référence aux massacres et enlèvements qu'a connu la génération volée. De plus lorsque Cathy Freeman a gagné l'épreuve du 400 mètres femmes, elle a brandi le drapeau australien mais aussi le drapeau aborigène. Or les médias se sont empressés de décrire cette "victoire australienne" et ce symbole de la réconciliation alors qu'un mois plus tôt avait eu lieu une polémique sur la question d'interdire le drapeau aborigène dans les stades olympiques ... Cathy Freeman est donc devenue un symbole dé réconciliation sur le plan international

De plus le choix de Cathy Freeman comme porteuse de la flemme olympique est très politique car il a donné l'impression que les aborigènes avaient leur place dans la société australienne alors qu'il existe encore de nombreuses inégalités entre les indigènes et les australiens.

B) Des inégalités encore flagrantes


Cette politique de réconciliation est aussi contestable du fait que de nombreuses inégalités demeurent.
En effet, les aborigènes sont encore touchés par un fort taux de mortalité. Celui-ci est 5 fois plus important que celui de la population australienne globale, on estime que la moitié des morts aborigènes survient avant qu’ils atteignent l’âge de 50 ans. Trois morts sur quatre surviennent avant 65 ans chez les hommes autochtones. Quatre femmes sur dix meurent avant leur cinquantième anniversaire et deux sur trois avant leur soixante-cinquième, alors que la majorité des morts en Australie survient chez les personnes de plus de soixante-cinq ans. Cela s’explique par le peu de soins auxquels les autochtones ont accès soit parce qu’ils habitent trop loin d’un hôpital soit parce qu’ils n’ont pas assez de moyens pour aller chez un médecin. Mais ce qui est plutôt paradoxal c’est que le budget consacré aux soins des aborigènes est supérieur à celui consacré aux australiens. D’un point de vue économique, de nombreux aborigènes sont en situation de grande précarité. Victimes du coût trop élevé des logements dans les villes australiennes par rapport à leur revenu, beaucoup d’aborigènes vivent dans des habitations jugées inacceptables par le reste de la population. Afin de forcer les écoles à accepter les enfants indigènes, le gouvernement australien a fixé des quotas forts élevé mais malgré tout cela en 1996 seulement 73.7% des enfants aborigènes âgés de quinze ans étaient scolarisés contre 91.5% des adolescents australiens de cet âge ; seulement 12% des aborigènes âgés de 19 ans font des études supérieures. C’est pourquoi les autochtones sont fortement touchés par le chômage. En effet ce fléau moderne touche 22.7% de la population aborigène alors que 9.2 % de la population active australienne est au chômage. Donc il s’agit d’un cercle vicieux qui touche les autochtones. Ceux-ci n’ont pas les moyens de payer des études longues à leurs enfants. Qui de ce fait auront des emplois peu rémunérés qui ne leur permettront pas à leur tour de payer des études convenables à leurs enfants.
Donc malgré tout les efforts du gouvernement australien pour sortir les aborigènes de la pauvreté, ceux-ci ont beaucoup de mal en faire leur entrée dans la société australienne, même si il existe certaines personnes telles Cathy Freeman ou Neville Bonner ainsi que Aden Ridgeway (les deux seuls députés aborigènes d’Australie) qui ont réussi à se créer de la place dans cet espace plutôt clos.